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Les quatre (Biographie de Poirot et de ses collègues)


1/ Poirot
2/ Captain' Hastings
3/ Miss Lemon
4/ Inspecteur Chef Japp


   Hercule Poirot

A paraître...

...


Captain' Hastings : le capitaine sûr de lui

Portrait d'Hastings, le chic type et fidèle assistant de Poirot incarné par Hugh Fraser



Hugh Fraser a une vision assez claire du personnage qu'il interprète : Capitaine Arthur Hastings, un ancien officier de l'armée, grand, élancé, à l'allure toujours impeccable, qui est l'ami et l'assistant inestimables de Poirot.
« Hastings est très décontracté ! » dit Hugh, avec son sourire charmeur qui le fait passer pour un homme à femmes, tant dans les feuilletons qu'auprès du public féminin.
« Il est arrivé dans ces enquêtes par hasard plutôt que par volonté. Au fond, je crois qu'il est un peu un amateur ».
Pour un acteur dont la diversité des rôles dans l'ensemble de sa carrière, s'est étendue du rocker dans les années 60, aux bandits dans les années 80, Hugh reconnaît avoir délibérément évité de regarder les premières adaptations à l'écran des   dossiers de Poirot   au moment où il préparait le rôle de Capitaine Hastings. Il savait que ce dernier avait été incarné à plusieurs reprises, jusque là comme un bouffon ou simplement un faire-valoir du grand détective.
« Je n'avais jamais vu les versions avec Peter Ustinov et Albert Finney quand j'ai été pressenti pour la série, dit-il, et j'en suis bien content, car depuis le début je voulais faire de mon Hastings quelqu'un d'original »

De même qu'il est vrai de dire que David Suchet a réinventé Poirot dans l'esprit du public et a restitué avec talent la personnalité du personnage tel qu'Agatha Christie l'aurait imaginé, il est aussi vrai de dire que l' interprétation de Hugh Fraser dans le rôle du capitaine fiable était de même, très crédible - Il lui a donné un rôle essentiel dans les enquêtes du petit détective - et sa popularité est évidente par les commentaires qu'il a reçus de la part des téléspectateurs et des critiques.

Deborah Thomas, du journal  Catholic Herald , était un des premiers critiques à faire remarquer l'importance de sa contribution dans les séries. Elle a écrit en janvier 1989 : « la supériorité de Poirot donne une dimension aux rôles secondaires. Hugh Fraser dans le rôle de Capitaine Hastings est un excellent faire-valoir. Autant fut rapide et claire la décision de Brian Eastman et l'équipe de production de choisir David Suchet pour incarner Poirot, autant la recherche de l'interprète du Capitaine Hastings fut plus longue. Des dizaines d'acteurs ont été présélectionnés avant que Hugh obtienne le rôle pour jouer cet ex-officier d'armée de la Première guerre mondiale qui met un terme à sa carrière militaire pour entrer dans une époque nouvelle. Le producteur avait sa propre vision du personnage qu'il voulait voir représenter à l'écran.
« Il aurait été trop facile de le dépeindre comme un home un peu balourd » se souvient Brian. « Mais bien que beaucoup de gens voient vraiment Hastings de cette manière, en fait Agatha utilisait ce personnage dans ses histoires comme l'esprit du bon sens. Il pose à n'importe quel moment les questions que le lecteur se pose lui-même pour permettre à Poirot de briller en élucidant le mystère.»

Hugh, s'est appliqué toutefois à lire quelques romans originaux et des nouvelles avant le début du tournage et a développé rapidement une idée très personnelle du personnage, qu'il a apportée à la série. « Hastings est un garçon sympathique » Hugh continue. « Ce n'est pas un grand intellectuel, mais il n'est pas stupide non plus, bien qu'il n'ait certainement pas la même dimension que Poirot quand il s'agit d'utiliser ses petites cellules grises

Hugh croit qu'Agatha Christie a matérialisé sa passion pour les histoires policières d'Arthur Conan Doyle, en créant le personnage de Poirot.
« De toute évidence la collaboration entre Poirot et Hastings est au même titre que celle qui existe entre Holmes et Watson. Holmes, est un penseur latéral, c'est-à-dire qu'il a une façon peu conventionnelle d'aborder un problème. L'une des fonctions d'Hastings est d'éclaircir, pour les auditeurs, ce qui se passe dans l'esprit de Poirot. Je suis certain également, que c'est une relation professionnelle qui les lie et qu'en fait Poirot l'utilise dans ce sens. »

Le parcours professionnel particulier de l'acteur a produit bien des surprises quand ce dernier a été engagé dans la série Poirot. Né à Londres mais éduqué dans le Midlands, Hugh est entré directement à l'école d'art dramatique, a   Webber Douglas Academy   avant d'exercer ce métier dans des théâtres de répertoire à Manchester, Ipswich, Oxford et Edimbourg. il se souvient de ses apparitions dans des films et la télévision dans les Années 60, jouant des rôles de hippies ou de chanteurs rock.

« J'étais avant tout un rocker. J'avais un goût pour les vêtements extravagants et particulièrement pour les pantalons en panne de velours ou à motif en cachemire, très moulants jusqu'aux genoux puis très évasés en pattes d'éléphant. Mon goût pour la mode surprenait souvent. Le résultat est que j'étais toujours pris pour un hippie ou quelque chose dans ce genre. »

L'homme d'aujourd'hui, impeccable, avec sa coiffure nette et son costume sans un faux pli, sourit à l'évocation de ses débuts. « Je portais aussi de longs cheveux et l'allure qui allait avec. J'ai joué longtemps comme musicien dans un groupe itinérant et dans les boîtes de nuit de Londres. Je mettais mis à faire de la musique quand je jouais au  Théâtre Traverse   et j'ai commencé en fait par jouer de la guitare. Puis je suis passé à la basse pour remplacer un bassiste malade en pleine tournée.  En fait pendant un certain temps, j'ai préféré la musique au métier d'acteur, parce qu'en 1971 le rock and roll était fantastique et j'aimais cette musique et cette vie typique. Mais ce qui était bizarre est que je j'acceptais toujours malgré tout un rôle d'acteur quand il se présentait. »

Hugh se souvient de cette période musicale avec une affection ironique, bien qu'il soit fier d'avoir composé certaines chansons avec les autres membres du groupe. Un de leurs morceaux a été utilisé pour la musique de générique de série TV enfantine, très populaire   Rainbow   dont la diffusion a été lancée en 1974. Cependant un tournant s'est produit dans sa carrière quand on lui a demandé de se couper les cheveux s'il voulait obtenir un rôle. Sa décision lui a valu un changement de vie radical.

« On me donna un rôle dans   licking Hitler,   qui exigeait que je porte une coupe courte. » dit-il en faisant la grimace. « Je n'avais pas envie de voir partir mes longues mèches de cheveux, mais le travail c'est le travail et j'ai donc accepté. Et à partir de là, ma carrière a démarré. Ensuite, on m'a demandé de jouer le rôle de   Sir Anthony Eden   dans   Edward et Mrs Simpson   et, bien que mes origines sociales soient plutôt modestes, on me choisissait toujours pour jouer des rôles d'aristocrates ou issus de milieux sociaux élevés. »

Le hippie devenu gentleman est retourné au théâtre pour jouer dans   Teeth'n smiles   ainsi que dans de nombreux rôle classiques, comme entre autres Beaucoup de bruit pour rien  , pour la   Royal shakespeare Company,   La vision du monde   au festival de Chichester, et   hedda Gabler   au théâtre Almeida. 

Puis ses rôles sur scènes et au cinéma s'apparentaient de plus en plus à des personnages de criminels, ce qui commençait à l'inquiéter dit-il.

« J'ai joué pas mal de rôles de méchants dans ma carrière, et l'une des raisons pour lesquelles j'étais tellement content quand on m'a offert de jouer le rôle de Hastings était due au côté léger du personnage – et particulièrement après un rôle comme dans le bord du gouffre, le jeu,  Set et match, et  Jack l'éventreur, qui sont justement les trois derniers rôles que j'ai eus avant Poirot. »

Hugh a apprécié tout particulièrement de pouvoir jouer un personnage qui est plutôt un séducteur – même si la plupart des femmes sont inaccessibles ou ne lui conviennent pas – et un grand sportif. Hastings est obsédé par les voitures de courses et adore conduire sa Lagonda verte.

« C'est une voiture que j'aime beaucoup également parce qu'elle a un moteur fabuleux et l'homme qui la possède fera tout pour la conserver dans son état original plutôt que de la remettre à neuf. »

Entre les tournages de la série Hercule Poirot , Hugh, vit à Londres. Il est marié à l'actrice Belinda Lang (qui a tourné dans de nombreuses séries TV, dont 2,4 enfants ) et a joué dans d'autres séries télévisées, telles que les contes inattendus,  Codename Kyril, et  le contrebandier . Il a fait des apparitions dans des films comme le contrat du dessinateur,  Firefox, et Le missionnaire . En juillet 1991, il eut une superbe opportunité de voir la télévision des deux côtés quand il fut enrôlé dans l'effrayante série dramatique de la BBC   Evénements à Drimaghleen et dans laquelle une équipe de télévision arrive dans un village irlandais pour essayer de découvrir la vérité sur une affaire de meurtres en série.

« Je jouais le rôle d'un producteur de télévision » se souvient Hugh. « Naturellement j'ai composé ce rôle à travers une synthèse de personnages de mon répertoire, que j'avais joués jusque là. En fait son émission ne ménageait pas la sensibilité des gens et devenait de plus en plus violente. Il n'avait pas de scrupule. Toute l'équipe était une bande de gens sophistiqués, typiques du milieu de la télévision et ils ont créé pas mal de problèmes dans le village. Le personnage que j'incarnais était à l'opposé de celui de Hastings, qui lui est incapable de commettre un sale coup. »
Il se souvient également du film à cause du lieu – une région montagneuse en dehors de Belfast.

« Dans la série de Poirot, on est habitué à évoluer dans des environnements élégants » dit-il avec un grand sourire. « Dans ce film, on était dans la boue jusqu'au genou et il a plu averse durant tout notre séjour. »

Hugh Fraser a toutes les bonnes raisons de vouloir jouer dans les séries de Poirot tant qu'elles continueront. « On peut développer davantage le rôle » dit-il. «Au début, j'avais vraiment l'impression de passer beaucoup de temps à poser ce qui semblait être des questions stupides. Mais comme le rôle devenait un peu répétitif, les scénaristes ont quelque peu modifié le rôle. Dans les séries les plus récentes Hastings est devenu davantage un assistant et quelqu'un qui s'investit sérieusement dans ces affaires de meurtre. Bien-sûr il porte une certaine naïveté en lui, mais cela ne doit jamais être pris pour de la stupidité – mais plutôt pour une qualité touchante qui, si d'un côté ennuie profondément Poirot, d'un autre côté l'attendrit énormément. »

Bien que le Capitaine Hastings ne soit apparu que dans 11 séries adaptées des romans originaux d'Agatha Christie et 26 séries tirées de ses nouvelles, il est sans conteste, devenu partie intégrante du succès de la série.

« J'ai vraiment aimé cette grande aventure, ajoute Hugh, et j'attends avec hâte de vieillir tranquillement avec David dans toutes les prochaines séries. »
Il me semble que toutes ces années où j'ai vécues comme un rocker viennent d'une vie antérieure !

Note : cet article date de 1996, vous pouvez le compléter et y apporter des informations plus récentes. Ecrivez-moi ! Merci.

Source :
D'après le livre "Agatha Christie's poirot, a celebration of the Great Detective" par Peter Haining, Box Tree, LWT
Livre sorti en 1996, rapidement épuisé et non ré-imprimé à ma connaissance. Traduction française par Chantal Postel


   Miss Lemon : la parfaite secrétaire

Portrait de Miss Felicity Lemon, l'indispensable secrétaire de Poirot incarné par Pauline Moran



La performance de Pauline Moran, dans le rôle de Miss Lemon - menue, très conventionnelle, la parfaite secrétaire de Poirot - fut de rendre un personnage en chair et en os, qui soit un peu plus qu’un monogramme dans les romans, et qui tienne une place importante dans la vie professionnelle et intime de Hercule Poirot.

C’est un de ces rôles qui relevait du défi pour Pauline quand elle l’accepta, et qui lui donna beaucoup de satisfaction au regard du succès qu’il eut auprès du public et des puristes d’Agatha. Sa vision de Felicity Lemon et les traits de caractères qu'elles ont en commun, l’ont également aidée à rendre ce rôle incontournable.

«D’une manière étrange, elle est le reflet de Poirot, dit Pauline, qui porte des cheveux longs et roux, des yeux bleus fascinants, et en qui on reconnaît à peine la Miss Lemon de l’écran avec ses petites lunettes rondes, l’allure sévère et sa coiffure plaquée. Elle a toujours la même obsession pointilleuse des détails et de la précision.

« En fait, je suis une personne assez minutieuse. Cependant pas autant que Miss Lemon, je dois admettre, mais j’ai souvent été comparée à un ordinateur car je peux me souvenir vingt ans après, non seulement de tout ce qui a été dit, mais aussi du ton des dialogues. J’ai une grande aptitude également à aller jusque dans les moindres détails, ce qui m’a été très utile dans la composition de ce rôle. »

En fait, comme Agatha le disait, Miss Lemon a une passion pour l’ordre, qui est à peu près équivalente à celle de Poirot et constitue en quelque sorte une certaine curiosité parmi les personnages de l’auteur, parce qu’elle fit une première apparition comme secrétaire d’un détective complétement différent de Poirot, Parker Pyne, dans deux histoires écrites en 1932. Elle a ensuite changé d’employeur pour réapparaître comme la secrétaire privée de Poirot, dans Comment poussent-donc vos fleurs ?, dans Le mystère Regatta et dans d’autres romans publiés en 1939.

Elle est apparue en tout dans six nouvelles et quatre romans, le premier étant « Hickory Dickory Dock » (1955). Ce qui a toujours été un mystère pour les admirateurs de l’œuvre d’Agatha est pourquoi elle prit autant de temps pour donner au personnage de Miss Lemon un vrai rôle dans un roman entier. Bien qu’elle représente délibérément un rôle mineur dans les romans, Miss Lemon est dépeinte à la façon d’Agatha Christie, de manière très habile en quelques mots :

« L’effet général qu’elle produit est celui d’une poignée de dés jetés au hasard... Le contenu d’une lettre n’a aucune signification pour Miss Lemon, excepté le point de vue de celui qui rédige la réponse qui convient. Elle est une secrétaire parfaite très digne et totalement désintéressée des affaires de cœur. Sa réelle passion dans la vie est de trouver le parfait système de classement qui ferait tomber dans l’oubli tous les autres systèmes existants. Elle en rêve même la nuit. »

Comment Pauline Moran a eu l’opportunité de composer son personnage comme un personnage clé dans les séries est une histoire fascinante – une fois de plus – révélée par Brian Eastman.

« comme vous le savez, Miss Lemon n’apparaît pas dans toutes les séries de Poirot. Dans certaines séries, Poirot a Georges, son maître d’hôtel. Au moment où je mettais en scène Poirot, j’étais impliqué également dans les séries Jeeves avec Stephen Fry et Hugh Laurie. Ce que je ne voulais pas était une nouvelle série avec un maître d’hôtel. J’ai donc persuadé la fondation Christie qu’il serait préférable de développer le personnage de Miss Lemon et d’ignorer complètement le maître d’hôtel. Ils ont fort heureusement accepté, et Pauline, à partir de ce rôle considéré comme mineur et insignifiant pour d’autres réalisateurs, a su composer un personnage extraordinaire. Selon moi, bien que nous n’ayons jamais voulu nuire à l’intégrité de l’œuvre, le public a une idée très claire du rôle de Miss Lemon dans les séries : ses aspirations, son attachement à Poirot et tout ce que peut apporter une grande actrice dans un rôle. Le genre de choses que l’on peut noter dans un scénario mais qui reste maladroit et non-dit à l’écrit. Eh bien Pauline a réussi a apporter tout cela, bien que nous n’ayons jamais profilé le personnage dans ce sens. » conclut Brian.

Il n’y a aucun doute qu’à travers Pauline Moran les séries sont agrémentées de la Miss Lemon idéale, car l’actrice née à Blackpool partage avec elle cette passion de l’organisation et est également très ambitieuse. Elle a comme elle, une nature fière, indépendante et autonome. « Je suis à la base une solitaire » explique Pauline. Et cela depuis mon enfance. Ma mère m’a eue à un âge mur et mon père est décédé quand j’étais toute petite. J’ai eu une éducation qui réprimait les sentiments, ma mère était très sévère. Ce n’est pas un manque d’amour de sa part mais plutôt un peu de paranoïa. Le résultat est que je n’ai jamais vraiment été consciente de mes propres valeurs. Tout cela était mal vu à la maison. Et je ne n’arrive toujours pas aujourd’hui à accepter un compliment. »

Cependant des compliments elle en a reçus, pour sûr, depuis sa formation a RADA et ses années de répertoire, avant de tomber dans le milieu du théâtre et de la télévision. Parmi ses apparitions, elle a obtenu des premiers rôles pour la RSC dans Troilus et Cressida et Mephisto, puis elle a joué dans Vie de campagne et Bedroom Farce au Citizens Theatre à Glasgow. Ses rôles à la télévision comprennent Les Cléopâtre, les trois sœurs, le prisonnier de Zenda et dans le thriller surnaturel La femme en noir.

Bien que sa réelle apparence n’ait rien à voir avec Miss Lemon, elle a été reconnue dans la rue après une apparition avec Alan Bates dans les intrus, une adaptation télévisée du roman de D.H. Lawrence. Elle revenait chez elle quand une Rolls Royce s’est mise à longer le bord du trottoir.

« Une voix de l’intérieur m’interpela : Ne serait-ce pas vous la Helena dans les Intrus ? Mince alors ! vous avez une allure préraphaélite !! Et après ça le chauffeur est reparti en trombe ».

Paradoxalement, ceux qui ont en fait travaillé avec elle sur les séries ont été interloqués quand ils l’ont vue sans ses costumes.

« Je me souviens à l’occasion d’une fête de Noël que l’équipe de tournage ne m’avait pas reconnue tout de suite. Vous savez, j’avais bien pomponnée, j’avais de beaux vêtements et une coiffure bien apprêtée ! »

Dans le rôle de Miss Lemon, Pauline a dû bien-sûr affronter un grand nombre de criminels tout au long des séries, mais ses souvenirs du tournage sont plus concentrés sur les costumes chics que l’on voit dans les séries.

« J’adore tourner une scène avec des vêtements d’époque » dit-elle avec son visage qui s’illumine. « Il y a aussi des bals magnifiques et tous ces vêtements de soirées que l’on porte dans ces séries – mais pas par Miss Lemon qui elle, ne quitte jamais son bureau ! Même si elle s’habille de manière austère, elle a toujours une allure impeccable. J’aimerais tellement jouer plus de scènes pour porter des costumes de style différent. »

En réalité, Pauline adore la mode et confectionne elle-même ses propres vêtements. D’ailleurs, sa garde-robe personnelle est remplie de magnifiques parures confectionnées par elle.

« Je ne me souviens pas d’un moment où je ne fais pas de couture » dit-elle. « Si je vois quelque chose bien au-dessus de mes moyens et que j’aime, je la reproduis pour moi. Et avec l’argent économisé, j’investis dans des bijoux de style victorien.»

Son talent pour la couture ne s’arrête pas là puisqu’elle a fabriqué aussi ses rideaux, ses abat-jour, et pleins d’objets de décorations en tissu pour son appartement.

J’aime aussi la décoration intérieure, comme le pochoir, travaillé avec la peinture et tout ce genre de choses. J’aime cuisiner également et recevoir à dîner et présenter de jolies tables. Je suppose que c’est ce qui correspond à mon caractère méticuleux.»

Pauline donne une plus-value à son rôle grâce aussi à sa propre expérience professionnelle de secrétariat qu’elle exerçait quand elle ne jouait pas. J’ai été secrétaire chez Shell UK au début des années 80 » explique t’elle. « J’ai fini par diriger le service deux mois après. J’avais été employée en qualité d’intérimaire et grâce à mes compétences en informatique j’ai obtenu la direction du service ».

Prendre le pouvoir est quelque chose qu’elle n’envisagerait jamais de faire auprès de son employeur Hercule Poirot. Miss Lemon est une secrétaire remarquable et tout à fait approprié à Poirot » explique t’elle. « Elle lui apporte sa tisane à plusieurs reprises dans la journée avec une précision d’horloger. Si elle avait, ne serait-ce que 30 secondes de retard, Poirot comme elle-même seraient horrifiés !!

La fameuse « tisane » que Miss Lemon apporte à son employeur a intrigué beaucoup de téléspectateurs pendant des années, et certains d’entre eux ont écrit à la production pour savoir en quoi consistait ce breuvage qu’elle servait. La raison officielle est : c’est une tisane médicinale ou une infusion préparée avec des herbes, dont l’origine est française mais que l’on peut trouver facilement ici. Les mélanges d’herbes peuvent être trouvés dans votre jardin mais les magasins diététiques les vendent déjà prêts en sachets. A part la camomille qui est recommandée pour ses propriétés sédatives et anti-inflammatoires ; le fenouil contre les flatulences ; la menthe pour la digestion et la citronnelle pour calmer, peu sont vraiment gouteuses.

Pauline Moran envisage de continuer de servir à Poirot sa fidèle tisane et répondre à son courrier et utiliser son incroyable système de classement des affaires, toutes référencées bien-sûr, avec un système de renvoi, et aussi longtemps que les séries dureront »

Bien que la reconnaissance du public et la perte de vie privée l’inquiètent un peu et à juste titre, elle est tout de même fière d’avoir réussi à faire de Miss Lemon un personnage culte de la série. Pauline partage aussi une autre fascination avec cette secrétaire super-efficace. Elle est très intéressée par l’occultisme – en passant par le jeu de divination I Qing au tarot ! et c’est une astrologue chevronnée qui dresse sur son ordinateur des thèmes astraux pour ses amis.

« Je me demande de temps en temps si Miss Lemon n’aurait pas le même signe que moi, car il existe tellement de similitudes entre nous » dit finalement Pauline d’un ton songeur. « Je suis un taureau typique – j’aime mon confort, la beauté, l’harmonie autour de moi. Voyons, où ai-je entendu ça à propos de quelqu’un ?

Note : cet article date de 1996, vous pouvez le compléter et y apporter des informations plus récentes. Ecrivez-moi ! Merci.

Source :
D'après le livre "Agatha Christie's poirot, a celebration of the Great Detective" par Peter Haining, Box Tree, LWT
Livre sorti en 1996, rapidement épuisé et non ré-imprimé à ma connaissance. Traduction française par Chantal Postel


   Inspecteur Chef Japp, le policier harcelé

Portrait de l'inspecteur Japp, le policier terre à terre, incarné par Philip Jackson
dont la relation qui l'unit à Poirot est un élément majeur dans le succès des séries.



L'association entre l'Inspecteur en chef James Japp de Scotland Yard, incarné par Philip Jackson et Hercule Poirot a duré pendant toutes les meilleures années de la carrière du détective, de 1920 à la fin des années 40. Présenté la première fois dans   la mystérieuse affaire de Styles   - où Hastings le décrit comme un petit homme fouineur, aux allures de dandy mais d'une intelligence supérieure - le policier harcelé n'arrivait pas à élucider une affaire ( les travaux d'Hercule - 1947 ) au moment où Poirot prenait sa retraite. En tout,   Jimmy  Japp, qui a tendance à appeler le détective « Moosier Poirot », joua dans sept romans et douze nouvelles dans lesquels il oppose son intelligence avec le petit Belge, mais invariablement, sans trop de succès.

Malgré son inquiétude perpétuelle à être second pour résoudre un crime, Japp est un personnage pour lequel Philip Jackson à une considération inavouée.

« Ce policier est vraiment droit, terre à terre » nous dit Philippe avec un sourire qui se dessinerait rarement sur le visage de l'inspecteur bien intentionné des séries. « J'ai vraiment de l'affection pour lui parce qu'il est humain, modeste et plutôt naïf » Une fois de plus, l'influence des histoires de Sherlock Holmes est présente dans le personnage de Japp et se vérifie dans l'action. Parce qu'il est conçu dans le moule de l'Inspecteur Lestrade, le détective de Scotland yard avec lequel Holmes a une relation difficile qui oscille entre amitié et frustration avec le policier qui se fait battre à chaque fois.

Chose intéressante, bien-sûr, Japp et Poirot se sont rencontrés avant que le destin les réunisse à nouveau dans Styles Saint Mary . Leurs chemins s'étaient croisés en 1904 lorsque Poirot travaillait encore pour la police belge, comme Japp le décrit dans   La mystérieuse affaire de Styles   :

« Lui et moi avons travaillé ensemble sur l'affaire de l a contrefaçon d'Abercrombie – On avait découvert sa cachette à Bruxelles. Ah ! c'était le bon temps, Moosier. Et puis, vous vous souvenez le  Baron Altara   ? Il vous a bien eu ! Il a échappé des griffes de presque toute la police en Europe. Mais on l'a coincé à Anvers – grâce à Monsieur Poirot »

La distribution du rôle de l'inspecteur chef Japp se concrétisa par la présélection d'un grand nombre d'acteurs. Une fois de plus, la production était inquiète quand a l'image stéréotypée du policier – personnage proche de Monsieur Plod - aux yeux du public, et désirait vivement casser le moule !

Brian Eastman explique : « Il aurait été très facile d'incarner Japp comme un flic un peu lourd, mais ce n'est pas la perception que nous avions du personnage et ni la volonté de le réduire à cela. En fait, Japp a toujours une sorte de relation dynamique avec Poirot. Il y a beaucoup de rivalité entre eux, mais également énormément d'affection ».

Philip Jackson fut finalement sélectionné pour le rôle parce qu'il a su équilibrer le caractère carré du policier avec beaucoup d'intelligence et un style très personnel. Pour donner à Japp ce charme unique, cet acteur énergique et plein de ressources, a utilisé l'expérience d'un répertoire riche et varié allant du théâtre, au cinéma et à la télévision.

Né à Nottingham, Philip ne s'est pas accroché au théâtre avant d'étudier à l'université de Bristol, des disciplines diverses et inhabituelles comme la dramaturgie et l'allemand.

« Je ne désirais pas jouer à tout prix. » ajoute t'il avec un large sourire. «  J'ai fait du théâtre parce que ça semblait être une meilleure solution à celle d'avoir un métier correct ! Mais j'ai joué beaucoup de pièces là-bas et j'ai aimé faire ça. Donc quand j'ai quitté Bristol, j'ai envoyé des candidatures pour travailler et on m'a offert un job chez Liverpool Play house.

Et c'est là que j'ai appris à jouer en présentant répertoires, et je suis resté au sein de la compagnie un an et demi. Petit à petit j'ai obtenu des rôles de plus en plus intéressants, jusqu'au moment où il était temps pour moi de partir pour Londres. Depuis ce temps-là j'ai eu des rôles très intéressants, quoique celui de Japp ait été le plus long pour moi et probablement celui qui m'a fait le mieux connaître du public. »

Parmi les apparitions théâtrales de Philippe, figurent  Rat In the skull  à Royal Court, les songes d'une nuit d'été  avec la Royal Shakespeare company et le premier rôle de Frank dans  le chemin des Myosotis  au Théâtre Greenwich . Autant au cinéma, on l'a vu dans  le quatrième Protocole» et  les grands espoirs, autant à la télévision, il a joué dans  Blooming youth ,  Robin des bois  et  la chambre sombre  .

Philip savoure tout particulièrement la chance qu'il a de jouer Japp, parce qu'il est un avide lecteur d'Agatha Christie depuis l'âge de neuf ans.

« J'adorais la façon avec laquelle elle écrivait ces intrigues brillantes » dit-il. « Le fait qu'elle n'approfondisse pas le caractère des personnages en simplifie la lecture dans l'esprit du lecteur. Le défi pour un acteur est de donner au personnage une profondeur et une épaisseur qui vont au-delà de la page écrite. »

Plus d'un critique de télévision a reconnu la performance artistique de Philippe – Deborah Thomas du « Catholic Herald » a écrit en janvier 1990 : « Philip Jackson dans Inspecteur Japp est assez antipathique sans être trop stupide pour pouvoir rivaliser avec le grand belge ! »

Philip admet, cependant, que cet accomplissement n'est pas au même niveau que la recherche méthodique de son partenaire.

« Contrairement à David, je n'ai fait aucune recherche sur le rôle » dit-il. « Je connaissais les romans, bien-sûr, mais je préférais m'inspirer uniquement du scénario. En fait, je ne ressemble pas tellement à Japp – Pour commencer, je n'ai jamais porté de moustache !» Philip a cependant réussi à se mettre dans la peau de Japp. 

« Il est dévoué à sa tâche, très honnête et très direct. Il est plus ou moins ami avec Poirot mais d'une manière étrange, quoiqu'il est certainement très irrité du fait que le détective belge le batte toujours à plate couture. D'une certaine manière, leur amitié est surprenante quand vous pensez à la façon très personnelle de chacun pour résoudre un crime.

« Poirot est méthodique et organisé, alors que Japp a tendance à être un peu désordonné »

L'acteur a également développé une relation de travail très proche avec David Suchet, de sorte que leurs jeux de scène sont un vrai régal.

« David s'identifie à Poirot dès qu'on le filme, ce qui incite tout le monde à se surpasser. Les scénaristes et l'équipe de la production ont eu beaucoup de mal à reconstituer l'esprit des années 30, autant pour les costumes que pour les scènes.

J'aime beaucoup la période 1936, et surtout l'architecture. Je suis allé à New-York chez des amis et, pour y travailler. Il y a beaucoup de choses Art Déco là-bas que j'adore. Retrouver ces mêmes choses ici sur les tournages est un vrai bonheur.»

A part la satisfaction que ce rôle dans Poirot lui a donnée, Philippe est devenu père pour la seconde fois pendant le tournage de la saison 2. En septembre 1990, Sa femme, l'actrice Sally Baxter a eu une fille, Amy. Elle ne pouvait plus avoir d'enfant après la césarienne subie pour la naissance de leur fils George, âgé alors de 5 ans. Quand il ne travaille pas ou ne s'occupe pas des enfants, Philip est un fervent joueur de squash et de football ; il aime lire et regarder des films.

« Les gens autour de Poirot forment une superbe équipe et je suis heureux de pouvoir continuer ces séries.» dit-il. « Japp n'est pas impliqué dans toutes les affaires de Poirot bien-sûr, donc je n'ai aucune idée du nombre d'épisodes que je suis susceptible de tourner encore. Mais il reste encore pas mal de romans à adapter et je suis sûr que ces séries ont encore de bonnes années devant elles ! »

Un des dialogues de l'inspecteur chef Japp tirés des romans originaux restent inédits d'après les souvenirs de Philippe. Il pense que de toute façon cela résume le mélange de rivalité et d'admiration qui est la clé de cette relation Poirot/Japp.

« Je ne devrais pas me demander » déclare le policier à son ami, « si vous n'allez pas finir par détecter votre propre mort  Ce n'est qu'une idée, voila tout ! mais elle mérite d'être dans un roman. »

Note : cet article date de 1996, vous pouvez le compléter et y apporter des informations plus récentes. Ecrivez-moi ! Merci.

Source :
D'après le livre "Agatha Christie's poirot, a celebration of the Great Detective" par Peter Haining, Box Tree, LWT
Livre sorti en 1996, rapidement épuisé et non ré-imprimé à ma connaissance. Traduction française par Chantal Postel